Vers une grande fertilisation croisée

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Vincent Blondel

Vers une grande fertilisation croisée

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Vincent Blondel est le recteur de l’UCLouvain depuis 2014. Il a accepté de répondre aux questions du Devlop’ concernant la collaboration entre Louvain Coopération et l’université. Entretien.

LC : L’UCLouvain a la spécificité de posséder un lien fort avec une ONG qui lui est propre, Louvain Coopération. Est-ce important à vos yeux ?

Je crois que c’est essentiel. Nous discutons fréquemment au sein du conseil rectoral et dans différentes sphères de l’université de l’évolution de Louvain Coopération. Nous y sommes très attentifs car elle contribue à la mission de l’université. Bien sûr, Louvain Coopération a ses missions propres, comme l’ont les autres ONG de développement. Mais celles de Louvain Coopération sont fertilisées par l’université et inversement.

LC : Quels sont, selon vous, les apports de Louvain Coopération à l’UCLouvain ?

Elle contribue, premièrement, à notre volonté d’offrir aux étudiants une ouverture aux réalités du monde, dans toutes ses dimensions. Je suis, avant tout soucieux et heureux de voir que leur parcours et le passage par l’université les rend sensibles et les éveille à des réalités extrêmement multiples.

Le second grand volet concerne les enseignants et les chercheurs. Les contacts avec l’ensemble des parties du monde sur une série de dimensions comme la santé publique, la sécurité, les relations internationales, l’économie solidaire, le développement durable… représentent pour eux des objets d’études. Et certains chercheurs développent ces objets de recherche en bénéficiant de l’infrastructure que représente Louvain Coopération. Il y a là donc une contribution aux missions de l’université en matière d’enseignement, de formation et de recherche.

Enfin, Louvain Coopération touche la communauté universitaire au sens large. Elle la sensibilise par les actions qu’elle mène.

LC : Un exemple de projet avec les étudiants qui retient particulièrement votre attention ?

Le partenariat extrêmement fructueux qui s’est créé dans le cadre d’IngénieuxSud est une fort bonne illustration. Pour avoir entendu des étudiants qui ont vécu cette expérience, le séjour qu’ils réalisent est souvent un moment extrêmement fort dans leur formation. Il ne s’étend pas sur une longue période, mais peut transformer leur vision du monde. Et donc ceci est un bon témoignage de l’apport de Louvain Coopération à l’université. Pour cet exemple particulier d’IngénieuxSud, cela s’inscrit en plus dans le cadre de leurs études parce que le projet qu’ils développent est pertinent aussi sur un plan de recherches et d’apprentissage. Donc, là il y a vraiment un double bénéfice.

LC : L’université alimente aussi le travail de Louvain Coopération à travers la recherche…

La recherche, pour autant que possible, éclaire le monde. Elle éclaire les décodages qu’on peut en faire, les décisions qui peuvent être prises. Elle instruit, permet de mieux comprendre et d’éclairer les choix. La mission de l’université en matière de recherche ne vise certainement pas un bénéfice pour Louvain-la-Neuve, pour le Brabant wallon ou même pour la Belgique. C’est une recherche qui est partagée très largement et au bénéfice de toutes et tous. Nos chercheurs sont très présents sur de nombreuses thématiques, y compris celles qui sont pertinentes pour des acteurs avec lesquels nous sommes en relation dans le cadre de Louvain Coopération.

LC : Quels sont vos souhaits futurs pour cette collaboration ?

Il y a vraiment la volonté que, autant que possible, Louvain Coopération et l’UCLouvain se renforcent mutuellement. Je crois qu’avant tout, nous devons chercher à trouver des réussites communes et, pour cela, Louvain Coopération doit être aussi universitaire que possible, là où l’université doit être aussi coopérante que possible. Louvain Coopération est une ONG universitaire. En cela, elle se distingue d’autres organismes de développement et l’université attend qu’elle intensifie et développe cette distinction. De la même manière, Louvain Coopération va attendre de l’université qu’elle soit attentive et contribuante aux objectifs de la coopération. C’est 

« Le passage des étudiants par l’université les rend sensibles et les éveille à des réalités extrêmement multiples »